"3 coups sont frappés...
Alors le rideau s’ouvre.
Après un court apprentissage,
En montant sur les planches
On s’attribue
Les rôles de jeunes premiers,
Ceux qui sont
Sous les projecteurs,
Au cœur de l’action.
Les représentations passent,
Les unes Succédant aux autres,
Et on se lasse.
On se lasse,
Du très clair et franc,
Sans profondeur,
Des masques qui ne cachent
Pas encore les rides.
On se lasse
Des passions passagères,
Du butinage désinvolte,
Sans apparente conséquence.
Alors on souhaite
Incarner les grands classiques,
Ceux qui explorent
Et mettent au jour
La nature et l’âme humaine.
Rôle fort et souffrant,
Mais encore sans réponse
Sur ce que l’on fait là.
Après cette période superbe ;
Usé et fatigué,
Il reste ces seconds rôles,
Qui soutiennent l’action,
Qui ne paraissent pas,
Ou moins,
Mais qui sont indispensables.
Indispensables à qui ?
Indispensables à quoi ?
Au milieu de ce grand barnum,
Acteur-spectateur de la vie,
Il n’y a peut-être
Que les réponses
À ces questions qui comptent ?
Las de jouer,
Un jour on referme le rideau,
Pas sur la pièce
Mais sur nous ;
Tout du moins,
Notre ambition d’acteur
Avec ou sans réponse."